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Les hommes connaîtraient des difficultés à s’adapter à l’évolution de la société. Cette crise concernerait les mâles dominants qui, pour ne pas perdre leurs prérogatives, n’accepteraient pas l’égalité en droits entre les hommes et les femmes. Les hommes dits « modernes », ceux qui n’hésitent pas à soutenir les féministes dans leur lutte, ne semblent pourtant pas plus à l’aise. « Le vieil homme est mort » mais les hommes en mutation ne savent pas pour autant comment « être » : ils ne sont plus solides et se liquéfient devant les injonctions nouvelles, innombrables et parfois même contradictoires. Dans la société et dans la famille, en définitive, ils s’évaporent…
Simone de Beauvoir l’avait écrit pour les femmes mais c’est peut-être encore plus vrai pour les hommes : « on ne naît pas homme, on le devient ». Tout enfant, garçon ou fille semble s’identifier d’abord à sa maman, à celle qui l’a porté neuf mois et avec laquelle il forme une dyade nécessaire dans les premiers jours de la vie.
En grandissant, la fille, née d’un ventre du même sexe, reste dans la fusion et peut continuer à suivre son modèle premier et à se sentir toute-puissante comme elle. Le petit garçon, au contraire, pour devenir un homme, est obligé de renoncer au modèle qu’il idolâtre. Cette castration primaire est terrible. Il doit la refouler pour pouvoir la supporter et se construire autrement. Ce sont ces rapports à la maman et à la toute-puissance fantasmatique qui entraîneraient une structuration du psychisme différente chez le garçon et la fille et ceci quelle que soit la culture dans laquelle il est plongé. C’est ainsi que pris entre sa fascination pour la maman et l’obligation de regarder ailleurs, le garçon a des difficultés à savoir ce que c’est qu’être un homme.
L’histoire nous montre un homme qui, pour compenser la toute-puissance fantasmatique perdue, a mis en place, depuis le Néolithique, des sociétés patriarcales fondées sur la domination incontestée des pères et donc des hommes sur les femmes. Cette autorité a commencé à être contestée vers le XVème siècle quand son origine divine a été remise en cause par les protestants et les humanistes. Ceci a amené le siècle des Lumières puis la Révolution. La marche vers la démocratie s’est faite ensuite lentement mais inexorablement pour aboutir, après la révolution culturelle des années 60 - 70, dans les textes, au moins, à une égalité en droits entre les hommes et les femmes. Aujourd’hui, la nouvelle vision du monde que nous pouvons appeler féministe dans la mesure où elle s’oppose en tous points à l’idéologie « machiste », devient majoritaire. Cependant, comme dans toute réaction, des dérives apparaissent.
Voir aussi dans BE A MAN :
DEVIRILISATION DES HOMMES
DIFFERENCES FONDAMENTALES HOMMES - FEMMES
Une soirée au Paradis avec aRise le 18 Juin